Rechercher

LA CITE EPISCOPALE D'ALBI

Dernière mise à jour : 16 nov.


Le beau temps est revenu aujourd'hui et il aurait été dommage qu'il en sait autrement !

Parcequ''Albi révèle des trésors d’architecture : c'est aussi la seule ville avec Paris a disposer de deux trésors inscrits sur des registres différents au Patrimoine de l'Unesco !

Réputée par sa cathédrale aux allures de château fort et son palasi épiscopal qui abrite le célèbre musée Toulouse-Lautrec

On a aimé se perdre dans les rues pittoresques où la brique est omniprésente.

La Cité épiscopale d’Albi entrée au Patrimoine Mondial depuis 2010, fait partie de la liste prestigieuse des 802 biens culturels "uniques" inscrits dans le monde à l’UNESCO. Découvrez l'imposante cathédrale Sainte-Cécile, le palais de la Berbie, palais épiscopal d'une rare puissance, le Pont-vieux, les berges du Tarn...

POUR RETROUVER TOUTES LES PHOTOS DE CETTE ZONE CLICQUEZ SUR LA PHOTO CI DESSOUS





https://goo.gl/maps/2od72ULmL8XHniCv9


Nous débutons notre visite depuis le parking Bondidou, idéalement situé, payant mais à prix raisonnable, et surtout ouvert aux véhicules hors dimensions

LE VIEIL ALBY


En quelques pas nous rejoignons la rue du Chanoine Birot, en travaux et atteignons rapidement sur la gauche la maison du vieil Alby.. C'est l’âme de la Cité épiscopale, un des symboles majeurs du centre historique d’Albi. L’association « Albi Patrimoine » veille à préserver la mémoire de ce lieu emblématique.

Cette maison, en briques et pans de bois a conservé les caractéristiques des vieilles maisons médiévales du centre ancien: colombages, encorbellement pour gagner de la surface, et un grenier à ciel ouvert « le soleilhou »…

Le rez-de-chaussée rappelle les anciennes échoppes et un escalier mène aux étages pour découvrir une exposition permanente sur la jeunesse du peintre albigeois Henri de Toulouse-Lautrec dont les collections sont entreposées au Palais de la Berbie qui abrite les collections de ce peintre aujourd’hui mondialement connu.

Poursuivons par la rue Saint-Claire puis à droite la rue de l'Oulmet. Sur votre gauche pénétrez dans le cloître Saint-Salvy, en quelque sorte l'antichambre de la collégiale éponyme


CLOITRE & COLLEGIALE SAINT-SALVY

LE CLOITRE ET SON JARDIN



Ce cloître, construit par Vidal de malvesien 1270, est un petit havre de paix où le silence règne, une invitation à la quiétude, à l’observation… En remerciement, les chanoines autorisèrent à faire bâtir, pour sa sépulture, un enfeu très original sur le flanc sud de la collégiale

Après les destructions de la révolution seule subsiste aujourd'hui la galerie méridionale. Elle associe des formes romanes comme les arcs en plein-cintre ou les châpitaux à personnages, à des éléments gothiques, tels que des gâbles aigus sur le spiliers d'angles ou les motifs végétaux

Les portes que l'on repère sous les arcades donnaient directement sur les cellules des chanoines, et ont été transformées en lieux d’habitation.

’Au centre de ce cloître, un jardin reprend l’organisation du jardin des simples dans lequel étaient cultivées herbes aromatiques et médicinales. Il fait partie des cinq jardins potagers créés par la Ville d’Albi où légumes, condiments et aromates sont mis à disposition des passants : un patrimoine végétal et comestible mis en commun.

Depuis le cloître, un passage couvert permet de gagner la place située au chevet de la collégiale. Elle était le coeur de la "canourgue", ancien quartier canonial composé des demeures des chanoines


LA COLLÉGIALE

La collégiale Saint-Salvi, du nom du 1er évêque de la ville d’Albi au VIème siècle, peut s'enorgueillir du titre de plus ancienne églsie d'Albi.

Elle se dresse fièrement depuis le XIème siècle, située à l’angle de la place Sainte-Cécile.

Cette église fait partie des plus vastes églises romanes de l’Albigeois. Ce monument complète la visite historique du Vieil Alby.

Elle tient son vocable du premier grand évêque d’Albi, mort en 584. C’est au-dessus du tombeau de ce dernier qu’elle est édifiée, faisant suite à une chapelle carolingienne dédiée à Saint-Sernin, dont il ne reste qu’une petite crypte, ornée de peintures datées du Xe siècle, récemment restaurées.

Dès le XIème siècle, les bases d’une église de pierre blanche furent jetées à l’emplacement présumé du tombeau de Saint Salvi. Remarquez le mélange de pierres et de briques coïncidant avec le changement de matériaux du XIIIème siècle. Il est possible de lire directement sur le bâtiment les diverses phases architecturales et le passage du roman au gothique. Dans l’église, six grandes toiles offertes par les consuls d’Albi en 1725 relatent la vie de Saint-Salvi et l’histoire de la Ville. Au fond de l’église, sous l'orgue Moucherel un ensemble de sculptures à taille humaine « le christ aux liens » sont surprenantes de détails et de couleurs. Aujourd'hui elles sont déposées sur l'avant d'une chapelle dans l'attente des travaux de restauration en cours en dessous de l'orgue



L'ensemble scupté (dit Ecce Homo), en bois polychrome date de la fin du Moyen age. six personnages grandeur nature sont disposées de part et d'autres d'un Christ aux liens (Ecce homo) ; ils représentent les scribes et membres du sanhédrin (assemblée législative du peuple juif)

Cette composition représente un épisode de la passion, où le Christ, après avoir été fouetté, revêtu d'un manteau pourpre et couronné d'épines par dérision, est présenté à la foule par le procurateur romain Ponce Pilate, qui aurait alors prononcé cette phrase : "eccce homo" signifiant "voici l'homme"

Il est probable que cet ensemble ait été ralisé par un atelier local et qu'il ait été positionné à l'origine sous la clôture de choeur détruit à la Révolution, pour être ensuite disposé dans le sanctuaire, puis après 1880, sur des consoles à la base des vitraux du pourtour du choeur. A la suite d'une exposition en 1961, ces statues ont été installées sous l'orgue côté ouest.


L'ensemble est classé au titre des Monuments historiques depuis 1965

Le grand orgue a été réalisé en 1737 par le facteur lorrain Christophe Moucherel. Le buffet a été classé au titre des Monuments historiques en 1943

De forme légèrement convexe, ilcomporte un grand faisceau central à neuf tuyaux, flanqué de quatre tourelles coiffées de dômes d'où s'échappent des flammèches et de quatre plates-faces (compartiment de la façade sur laquelle les tuyaux sont alignés de manière rectiligne). le positif - petit buffet- est flanqué de deux petites plates-faces et doté de toris tourelles courronnées de fleurs.

Sur le spanneaux supérieurs ont été accrochés par la suite deux médaillons ovales, bordés de palmes et ornés de représentations de Saint Salvi crossé et mitré.

Une statue de la Renommée sonnant de la trompette surmonte l'ensemble

De la collégiale nosu rejoignons la rue Masny où donne la sortie et tournons à gauche en direction de la majestuseuse et imposante cathédrale

CATHEDRALE SAINTE CECILE


La cathédrale Sainte-Cécile d'Albi est impressionnante à la fois par son originalité et par sa beauté mais aussi par son architecture massive et sa décoration intérieure exubérante, ce qui en fait le 1er site touristique visité dans la Cité épiscopale classée par l’UNESCO.

Sainte-Cécile est la plus grande cathédrale de brique au monde aux allures de château fort mais aussi la plus grande cathédrale peinte d'Europe, sans oublier également qu'elle renferme le plus grand orgue classique de France !

L'intérieru n'est pas en reste avec une saisissante collection de peintures, sculptures, et statuaires.

LA PLUS GRANDE CATHEDRALE DE BRIQUE DU MONDE


Son style gothique dit méridional la distingue des cathédrales comme Chartres, Reims, Amiens qui elles sont contemporaines. Son allure austère et défensive est affirmée par ses dimensions. Que l’on arrive, par la route de Toulouse, Rodez, Millau, Cordes-sur-Ciel, la cathédrale Sainte-Cécile, est là, comme posée sur la ville, massive et orgueilleuse, dominant les toits albigeois.

LA PLUS GRANDE CATHEDRALE PEINTE EN EUROPE

Avec ses 18 500 m² de fresques et décorations elle se lit comme une Bible illustrée. Prenez le temps d’observer les couleurs, les motifs géométriques et les trompe l’œil introduisant parfois une note d’humour.


Suivez les piliers du regard, levez la tête vers la voûte et appréciez les décors de style Renaissance italienne sur fond de bleu profond, d'origine minérale, réalisés en 3 années de travail (1509/1512). C’est sous le grand Orgue que se tient la plus ancienne représentation du Jugement Dernier du XVème. Elle offre une fabuleuse bande dessinée où le Ciel, la Terre, l’Enfer sont mis en scène sur plus de 200 m2 de surface. En partie basse, les punitions des 7 péchés capitaux ne passent pas inaperçus : à vous de jouer, essayez de les reconnaître… D’avis de visiteurs, l’intérieur de cette cathédrale laisse sans voix !

LE CHŒUR DES CHANOINES, UNE EGLISE DANS LA CATHEDRALE


Une clôture de pierre blanche, une véritable dentelle de pierre, sépare la cathédrale en deux parties : la nef et le chœur. Au-delà de l’écran de pierre, voici le chœur de chanoines qui a dernièrement été rénové, grâce au World Monuments Found. Le déambulatoire, le couloir entourant le grand chœur, présente des statues de pierre ciselées par des Maîtres bourguignons. Appréciez tous les détails des vêtements, les traits des visages, les plis de la peau…un coup de baguette magique pourrait leur donner vie… Notez bien que ces 200 statues en font la statuaire la plus importante de France pour la fin du Moyen-Age

Le chœur des chanoines de la cathédrale d’Albi (appelé aussi « grand chœur), chef d’œuvre du gothique flamboyant, figure au nombre des grands chantiers lancés par l’évêque Louis Ier d’Amboise. Il témoigne d’une grande virtuosité technique, d’une subtile mise en scène biblique et théologique et d’une foisonnante créativité. Tout chante ici la louange au Dieu Créateur avec le langage du cœur et de l’esprit.


La fonction de ce chœur est de délimiter l’espace le plus sacrée de la cathédrale, c’est-à-dire son sanctuaire, lieu de la Présence réelle, de la célébration eucharistique et des offices canoniaux. Il se présente comme un véritable monument dans la cathédrale, une église en miniature, une petite église dans la grande. Le blanc éclatant de sa pierre calcaire tranche, au moment de sa construction, sur la couleur ocre encore dominante au-dedans de l’édifice : est symbolisée de cette manière la descente de la Cité de Dieu parmi la Cité terrestre, opérée lors de l’incarnation du Fils de Dieu et perpétuée dans le sacrement de l’Eucharistie.

Cet ouvrage recèle une remarquable statuaire polychrome. A l’extérieur sont représentés des personnages de l’Ancien Testament : des prophètes et des rois d’Israël ; à l’intérieur sont figurés des personnages du Nouveau Testament : les douze apôtres, ainsi que la Vierge Marie, saint Jean-Baptiste, saint Paul (dans la partie sanctuaire) et d’innombrables angelots, accompagnés de sainte Cécile (dans la partie nef canoniale). Tous ces personnages offrent une extraordinaire variété : il n’y a pas de visage, de posture ou de costumes similaires. Certains visages présentent une grande expressivité (tels ceux de Jérémie et d’Isaïe).


La statuaire qui jalonne le tour du sanctuaire, est savamment organisée, avec la création d’une subtile correspondance entre les personnages situés à l’extérieur de la clôture et ceux situés à l’intérieur. La synopsis est bâtie autour de douze binômes de personnages placés dos à dos : un prophète à l’extérieur et un apôtre à l’intérieur. Comme tous ces personnages tiennent en main un phylactère (ou banderole), sur lequel est reproduit soit un verset biblique pour les prophètes soit un article du Symbole des Apôtres (ou Credo) pour les apôtres, un va-et-vient est mis en scène entre les deux paroles : à telle parole de prophète répond telle parole d’apôtre. Ceci, bien sûr, dans un but apologétique : le but est de montrer que ce que les prophètes ont annoncé à propos du Messie, s’est bien réalisé en la personne du Christ – les apôtres, qui l’ont côtoyé de près, en témoignent.


Par exemple, ce que le prophète Isaïe avait annoncé six ou sept siècles avant le Christ, à savoir que le Messie naîtrait d’une « vierge », son binôme l’apôtre Jacques le Mineur le confirme : Jésus « a été conçu du Saint-Esprit et est né de la Vierge Marie ». Ce que le prophète Zacharie avait proclamé entre deux et cinq siècles avant le Christ, à savoir que le Messie serait « transpercé », son binôme l’apôtre Jean le corrobore : Jésus a été « crucifié sous Ponce Pilate ». Ce que le prophète Osée avait présagé environ sept siècles avant le Christ, à savoir que le Messie détruirait la mort, son binôme l’apôtre Jacques le Majeur l’atteste : Jésus, « le troisième jour, est ressuscité d’entre les morts ». Et ainsi de suite. A l’aurore de l’époque moderne, cette œuvre entend mettre en évidence l’existence d’une rationalité dans l’acte de croire, fondée sur la cohérence interne de la Révélation biblique, et balayer l’idée selon laquelle foi et raison devraient être mises en opposition.

Cette statuaire s’accompagne de motifs foisonnants : des feuillages variés (chêne, vigne, lierre, choux, chardons…), des animaux inattendus (escargots, oiseaux, chiens, ours, singes, renards, lapins…) et des petits personnages surprenants (monstres et chimères). Que de créativité pour exprimer la louange de la création au Créateur !

Selon leur interprétation des sources, les historiens date le chœur des chanoines d’Albi soit des années 1475-1480 soit des années 1495-1500. Ils s’accordent pour désigner comme auteurs de ce chef d’œuvre les deux plus grands imagiers de France de l’époque : l’Avignonnais Antoine Le Moiturier (1425-1497) et/ou le Berrichon Michel Colombe (v.1430-v.1512).

Le jubé et la clôture du chœur des chanoines d’Albi ont subsisté malgré les menaces de destruction de la Révolution. S’ils ont subi des dommages sous la Terreur (avec notamment la destruction de soixante-douze statues de la façade du jubé et le bûchage systématique des blasons aux armoiries de Louis Ier d’Amboise), ils nous sont parvenus dans un état de conservation relativement bon qui permet d’imaginer la magnificence de l’ouvrage à l’origine. Grâce à des mécénats recueillis par le World Monument Fund, une restauration de la nef canoniale (sculptures en pierre, peintures et stalles) est réalisée en 2015-2016, lui redonnant son aspect et ses couleurs d’origine. Un autre mécénat sous le même égide permettra la rénovation du sanctuaire en 2023 et achèvera ainsi ce travail de restauration de tout l’intérieur de la clôture du grand chœur.


LE GRAND ORGUE MOUCHEREL

Christophe Moucherel a doté au XVIIIe siècle, la cathédrale d’un instrument aux dimensions hors du commun (16,40m de large - 15,30m de haut). La variété de ses décorations le classe parmi les plus beaux de France. L’association Christophe Moucherel propose des concerts gratuits les mercredis et dimanches après-midi en juillet et août et programme de nombreux rendez-vous dans l’année.

LA SALLE DU TRESOR : UN MUSEE D’ART SACRE

L’ancienne salle du trésor et des archives, la chambre forte, accueillent des objets et des effets précieux du XIVe au XIXe siècle ayant appartenu au Chapitre. Un autre trésor, le fac-similé de la Mappa Mundi y est exposé de juin à septembre. Conservée depuis 1 300 ans par les Albigeois, la Mappa Mundi est un témoignage inestimable de l’histoire de l’Humanité.



MARCHE COUVERT

Situé dans un écrin historique, le Marché couvert est une invitation à la gourmandise et contribue largement à l'animation de la vie locale. Il constitue un pôle d’attractivité incontestable du coeur de ville.



La Ville d'Albi étudie avec les commerçants du marché l'idée d'ouvrir la halle en non-stop toute la journée du vendredi. Un marché festif serait même organisé une fois par mois. Pour rappel, le marché est ouvert du mardi au dimanche de 8h à 13h.

Pour beaucoup d'Albigeois le Marché c'est le week-end, une habitude qui génère parfois une grande affluence, mettant à mal les gestes barrières alors qu'en semaine.... le marché couvert est ouvert de 8h à 13h du mardi au vendredi aussi !

Au Moyen-âge, les abords de la cathédrale Sainte-Cécile et de la collégiale Saint-Salvi étaient prisés pour l'activité marchande avec, notamment, la place de la Pile. À partir de 1860, Albi décide de construire un marché couvert alimentaire en prenant l'exemple des Halles de Paris. C’est en 1901 que le conseil municipal d'Albi approuve le lancement d'un concours pour la construction d'un marché couvert. En 1902, l’accord est donné au projet de Thierry Bourdois, architecte à Poissy, assisté par un concepteur de charpentes métalliques qui deviendra mondialement connu : André Michelin. Le plan adopté est une halle triangulaire, de type « pavillon Baltar », associant aux montants de métal des parois de briques et des persiennes destinées à être montées comme un gigantesque lego. Le marché couvert d’Albi est inauguré en 1905. Il offre une rare harmonie des formes parfaitement adaptées à sa fonction. Le bâtiment est classé aux monuments historiques.Une association de commerçants, regroupant des producteurs, des commerçants et des consommateurs soucieux de préserver la dynamique et la qualité du lieu s’est créée, et a depuis été distinguée pour son dynamisme au niveau local et national.Le nouvel éclat Le 6 octobre 2007, la halle du marché couvert ouvre ses portes au public après trois ans de travaux impressionnants.


La structure de la halle a ainsi été surélevée, permettant de créer un parking de 255 places sur trois niveaux et un ascenseur. Le nombre de visiteurs et d’usagers continuent depuis lors de croître car ceux-ci y découvrent un marché couvert exploité dorénavant sur deux niveaux, lui apportant davantage d'espace et de lumière. 


PALAIS DE LA BERBIE

L'ancien palais des évêques, le palais de la Berbie et la cathédrale Sainte-Cécile forment un ensemble saisissant et unique de la Cité épiscopale classée au Patrimoine mondial en 2010 par l’UNESCO. Il est l’écrin prestigieux du musée Toulouse-Lautrec, de réputation internationale. Construit au XIIIème siècle, le palais de la Berbie est l’un des plus anciens châteaux de France, antérieur à l’édification du célèbre palais des Papes en Avignon, en région Occitanie.