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CHATEAU DE CHENONCEAU

Dernière mise à jour : 11 nov.

Départ ce matin de Saint-aignan en direction de Poitiers pour notre prochaine étape.

Nous agrémentons la route par la visite du fabuleux château de Chenonceaux, une visite qui s'inscrit dans l'histoire de la France, et même de la grande histoire de France. Les illustres personnages qui sont liés au château sont nombreux : François 1er, henri II, Catherine de Médicis, Diane de Poitiers, Jean-Jacques Rousseau et même George SAND...

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Le Château nous apparaît composé de trois parties distinctes : un corps de logis de deux étages, flanqué de tourelles d’angles construit sur les fondations d’un moulin médieval, une longue galerie qui s’appuie sur la façade sud du logis et repose sur cinq arches qui enjambent le Cher et la tour des Marques, vestige d’un château plus ancien

Une vingtaine de pièces sont ouvertes à la visite riches de meubles anciens somptueux, de tableaux de musées et de tapisseries rares. Parmi les pièces les plus emblématiques du château, vous découvrirez :

La salle des gardes

La Chapelle

Le Cabinet vert

Les chambres de Diane de Poitiers et de Catherine de Médicis

La Galerie

Les salons François 1er et Louis XIV




En construisant le château sur le Cher, Thomas Bohier et son épouse rasent le château fort et le moulin fortifié de la famille des Marques et n'en gardent que le donjon : la Tour des marques, qu'ils transforment dans le goût Renaissance.

L'avant-cour reproduit le plan de l'ancien château médiéval délimité par les douves.

A côté de la tour subsiste aussi le puits orné d'une chimère et d'un aigle, embleme de la famille des Marques

en s'avançant vers le château, construit sur le spiles de l'ancien moulin fortifié, on découvre la porte d'entrée monumentale.

D'époque François 1er, en bois sculpté et peint, elle porte à gauche les armes de Thomas Bohier, à droite, celles de son épouse Katherine Briçonnet surmontées de la salamandre de François 1er et de l'inscription

"FRANCISCUS DEI GRATIA FRANCORIUM REX - CLAUDIA FRANCORUM REGINA"

François 1er - par la grâce de Dieu, roi de France et Claude Reine de France

Mais commençons par un peu d'histoire...

HISTOIRE

En 1535, François 1er devient propriétaire du bien suite au réglement de dettes et l'’intègre au Domaine Royal

Puis le Roi Henri II, deuxième fils de François I et de Claude de France, ien devient l'héritier à la mort de son frère aîné en 1536. Il reçoit alors les titres de dauphin et de duc de Bretagne

Il épouse catherine de Médicis fille mais son cœur reste voué à sa confidente et préceptrice depuis l'âge de 15 ans diane de Poitiers (avec qui il semble n'entretenir un adultère qu'à partir de 1537-1538, alors qu'ils ont 17-18 et 37-38 ans).


Il décide alors d’offrir le château non à la Reine, mais à la Favorite, Diane de Poitiers, « en tout droit de propriété, saisine et possession, pleinement et paisiblement et à toujours perpétuellement, pour en disposer comme de leur propre chose et vrai héritage ». Cette sortie artificielle de Chenonceau, du Domaine Royal, lui permettra d’être sauvé, deux siècles plus tard, à la Révolution.

Le 10 juillet 1559, la reine Catherine de Médicis, veuve d’Henri II, écarte rapidement Diane de Poitiers et installe l’autorité du jeune roi à Chenonceau, en même temps que le faste italien.

Au milieu des fêtes qu’elle y donne, elle dirige le Royaume de France depuis son cabinet de travail, le Cabinet Vert. Sa belle-fille, Louise de Lorraine, épouse du Roi Henri III, devient veuve à son tour et s’installe dans le deuil au château.

Au XVIIIème siècle, c’est Louise Dupin, Dame des Lumières, qui reçoit à Chenonceau, acquis par son époux, les plus grands érudits, philosophes et académiciens français, dans son fameux salon littéraire. Cette femme d’exception sera la première à écrire un Code des Droits de la Femme, aidé de son secrétaire, Jean Jacques Rousseau, qui connut, à Chenonceau, une période de bonheur paisible décrite dans certaines de ses œuvres.

Enfin, Madame Pelouze, né Margaret Wilson, en fait, au XIXème siècle, le théâtre de sa réussite triomphante avant qu’un scandale financier n’entraine sa ruine…et la démission du quatrième président de la République Française, Jules Grévy, suite aux malversations de son gendre Daniel Wilson, frère de Madame Pelouze. Henri Menier le rachète au Crédit Foncier en 1913. A sa mort, son frère Gaston, député, puis sénateur progressiste, transforme Chenonceau en Hôpital Militaire pendant toute la durée de la Grande Guerre. Il prend à sa charge tous les frais de fonctionnement, comme à Noisiel, siège de la Chocolaterie Menier, où il installe un second hôpital.

Lors de la seconde guerre mondiale, la grande galerie de Chenonceau devient le seul accès vers la zone libre, la famille Menier facilite alors le passage clandestin de tous ceux qui fuient la tyrannie nazie. Le président américain, Harry Truman, en fait le lieu de sa première visite en France.



Ouvert à la visite depuis 1913 par la famille propriétaire, fidèle à son histoire, Chenonceau accueille toujours têtes couronnées, hommes d’état et personnalités.

De 1914 à 1918, le Château de Chenonceau est aménagé en hôpital militaire. Cet espace dédié, dans la « Galerie des Dômes », rend hommage à la mémoire de tous ceux qui ont permis de soigner ici plus de 2 250 blessés, pendant les quatre années complètes qu’a duré la Grande Guerre.

Gaston Menier, sénateur de Seine et Marne, alors propriétaire de Chenonceau, décide de participer à l’effort national et propose au Ministère de la Guerre d’aménager à ses frais un hôpital militaire temporaire dans le château, et d’en financer l’intégralité des dépenses.


LA VISITE



LA SALLE DES GARDES




Dans cette pièce, se tenaient les hommes d’armes chargés de la protection royale. Le Blason de Thomas Bohier orne la cheminée du XVIème siècle. On retrouve sur la porte en chêne (également Renaissance), sous les figures de leurs saints patrons (Sainte Catherine et Saint Thomas), la devise de Thomas Bohier et Katherine Briçonnet : ”S’il vient à point, me souviendra” c’est-à-dire : ”Si je parviens à construire Chenonceau, on se souviendra de moi”.


Aux murs, une suite de tapisseries des Flandres du XVIème siècle représente des scènes de la vie de château, une demande en mariage, une chasse. Les coffres sont gothiques et Renaissance. Au XVIème siècle, ils contenaient l’argenterie, la vaisselle et les tapisseries avec lesquelles la Cour se déplaçait d’une demeure à l’autre. Le plafond à solives apparentes, porte les deux ”C” entrelacés de Catherine de Médicis. Au sol subsistent des vestiges d’une majolique du XVIème siècle

LA CHAPELLE


De la Salle des Gardes, on pénètre dans la Chapelle par une porte surmontée d’une statue de la Vierge. Les vantaux de cette porte en chêne représentent le Christ et Saint Thomas et reprennent les paroles de l’Évangile selon saint Jean : ”INFER DIGITU TUUM HUC - DNS MEUS ET DEUS ME” (Avance ton doigt ici. Tu es mon Seigneur et mon Dieu). Les vitraux du XXème siècle (1954) dont les originaux ont été détruits par un bombardement en 1944 sont du maître-verrier Max Ingrand. Dans la Loggia à droite, une Vierge à l’enfant en marbre de Carrare par Mino da Fiesole. Dominant la nef, la tribune royale d’où les reines assistaient à la messe porte la date de 1521. À droite de l’autel, une crédence en pierre de taille ouvragée est ornée de la devise des Bohier

On peut encore lire sur les murs des inscriptions en Anglais laissées par les gardes écossais de la Reine Marie Stuart à droite en entrant, datées de 1543 : ”La colère de l’Homme n’accomplit pas la Justice de Dieu” et de 1546 ”Ne soyez pas vaincus par le Mal”. Aux murs, des peintures à sujets religieux : - Il Sassoferrato : La Vierge au voile bleu - Alonso Cano : Jésus prêchant devant Ferdinand et Isabelle - Jouvenet : Assomption - Sebastiano del Piombo : Mise au tombeau - Murillo : Saint Antoine de Padoue - École Française du XVème siècle : L’Annonciation. La chapelle a été sauvegardée durant la Révolution Française grâce à l’idée de la propriétaire de l’époque, Madame Dupin, d’en faire une réserve à bois, masquant ainsi le caractère religieux du lieu

CHAMBRE DE DIANE DE POITIERS




Cette pièce fut la chambre de la favorite du Roi Henri II, Diane de Poitiers, à laquelle il avait fait don de Chenonceau. En 1559, à la mort d’Henri II, tué en combat singulier lors d’un tournoi par le Capitaine de ses gardes écossais, Gabriel Montgomery, sa veuve la reine Catherine de Médicis, se fit restituer le château de Chenonceau par Diane et lui donna en échange Chaumont-sur-Loire. La cheminée de Jean Goujon, sculpteur français de l’École de Fontainebleau, porte (ainsi que le plafond à caissons) les initiales d’Henri II et Catherine de Médicis : H et C qui, entrelacées, pouvaient former le D de Diane de Poitiers. Sa restauration est due à Madame Pelouze. Le lit à baldaquin, les fauteuils Henri II recouverts de cuir de Cordoue et la magnifique table en marqueterie, à côté du lit sont Renaissance. Un très beau bronze du XIXème siècle de la ”Diane d’Anet” évoque le souvenir de la favorite royale. Remarquez également sur la cheminée un Portrait de Catherine de Médicis par Sauvage.


Deux tapisseries des Flandres du XVIème siècle, aux dimensions considérables représentent : - Le Triomphe de la force, montée sur un char tiré par deux lions et environnée de personnages de l’Ancien Testament. Dans la bordure supérieure, la phrase latine se traduit par : ”Celui qui aime de tout son cœur les dons célestes ne recule pas devant les actes que la Piété lui dicte”. - Le Triomphe de la charité. Entourée d’épisodes bibliques, celle-ci tient dans une main un cœur et de l’autre montre le soleil. La devise latine se traduit par : ”Celui qui montre un cœur fort dans les périls reçoit à sa mort comme récompense le Salut”. A gauche de la fenêtre : Le Christ dépouillé de ses vêtements par Ribalta, le Maître de Ribera. A droite de la cheminée : Vierge à l’enfant par Murillo. Sous cette toile, une bibliothèque renferme les archives de Chenonceau, dont un exemplaire, exposé dans la vitrine, permet de reconnaître les signatures de Thomas Bohier et de Diane de Poitiers.

CABINET VERT




Cabinet de travail de Catherine de Médicis, devenue Régente du royaume à la mort de son époux le roi Henri II. Elle gouverna la France depuis cette pièce. Sur le plafond du XVIème siècle dans son état d’origine, on distingue les deux ”C” entrelacés de ses initiales. La tapisserie de Bruxelles du XVème siècle dite ”à l’Aristoloche”, est à la fois gothique et Renaissance. Elle est exceptionnelle par sa couleur verte ayant viré au bleu et par son thème, inspiré par la découverte des Amériques : faisans argentés du Pérou, ananas, orchidées, grenades, animaux et végétaux inconnus en Europe jusqu’en 1492.


Entourant la porte, deux cabinets italiens du XVIème siècle. Aux murs, une collection de peintures dont les plus importantes sont : - Tintoret : La Reine de Saba et Portrait d’un doge - Jordaens : Silène ivre - Golsius : Samson et le Lion - Ribera : Trois évêques - Jouvenet : Jésus chassant les marchands du temple - Spranger : Scène allégorique peinte sur métal. - Véronèse : Étude de tête de femme - Poussin : La Fuite en Egypte - Van Dyck : Amour au singe

LA LIBRAIRIE


Dans cette petite pièce qui était son cabinet de travail, Catherine de Médicis avait disposé son bureau. On découvre une magnifique vue sur le Cher, l’île et le Jardin de Diane. Le plafond de 1525 en chêne à caissons, de style italien, avec de petites clefs pendantes, est un des premiers plafonds à caissons connus en France. Il porte les initiales des constructeurs du Château T.B.K pour Thomas Bohier et Katherine Briçonnet

Au-dessus de la porte : - Andrea del Sarto : Sainte famille Et de part et d’autre : - Bassano : Scènes de la vie de saint Benoît - Le Corrège : Une martyre - Jouvenet : Héliodore - Poussin : Enlèvement d’Hébé, Enlèvement de Ganymède, les échansons des Dieux, appelés vers l’Olympe



LA GALERIE


De la chambre de Diane de Poitiers, on rejoint la galerie par un petit passage. En 1576, d’après les plans de Philibert de l’Orme, Catherine de Médicis fait construire, par Jean Bullant, une galerie sur le pont de Diane de Poitiers. Longue de 60 mètres, large de 6 mètres, éclairée de 18 fenêtres, avec son sol carrelé de tuffeau et d’ardoise et son plafond à solives apparentes, c’est une magnifique salle de bal. Elle fut inaugurée en 1577 lors des fêtes données par Catherine de Médicis en l’honneur de son fils le Roi Henri III. A chaque extrémité, deux très belles cheminées Renaissance, dont l’une n’est qu’un décor entourant la porte Sud qui mène à la rive gauche du Cher.

Au début du XIXème siècle, la galerie s’orne de médaillons provenant du Musée des Petits Augustins, évoquant des personnages historiques célèbres. Durant la Première Guerre Mondiale, Monsieur Gaston Menier, propriétaire de Chenonceau, fit aménager à ses frais, un hôpital dont les différents services occupaient toutes les salles du Château. Lors de la Seconde Guerre Mondiale, le Cher matérialisait la ligne de démarcation. L’entrée du Château se trouvait ainsi en zone occupée (rive droite). La galerie, dont la porte Sud donnait accès à la rive gauche permit à la Résistance de faire passer de nombreuses personnes en zone libre. Durant toute la guerre, une batterie Allemande se tenait prête à détruire Chenonceau à tout moment

LES CUISINES





Les cuisines de Chenonceau sont installées dans les énormes soubassements que forment les deux premières piles assises dans le lit du Cher. L’office est une salle basse aux deux voûtes sur croisées d’ogives. Sa cheminée du XVIème siècle est la plus grande du Château, à côté se trouve le four à pain. L’office dessert à la fois : - la salle à manger réservée au personnel du Château et autrefois aux gentilshommes entourant Louise de Lorraine.

- la boucherie dans laquelle on voit encore les crochets pour suspendre le gibier et les billots pour le dépecer. - le garde-manger assure le stockage des denrées - un pont menant à la cuisine proprement dite. En traversant d’une pile à l’autre, on aperçoit une plate-forme où accostaient les bateaux de ravitaillement (selon la légende, elle est appelée Bain de Diane ou Bain de la Reine). Les Cuisines Renaissance ont reçu pendant la Première Guerre Mondiale, un équipement moderne qu’imposait la transformation du Château en hôpital

SALON FRANCOIS 1ER

Dans cette salle se trouve une des plus belles cheminées Renaissance. Sur le manteau, on retrouve la devise de Thomas Bohier : ”S’il vient à point, me souviendra” - qui fait écho à ses armoiries au-dessus de la porte encadrées par deux sirènes. Le mobilier se compose de trois crédences françaises du XVème siècle et d’un cabinet italien du XVIème siècle, exceptionnel par ses incrustations de nacre et d’ivoire gravé à la plume, cadeau de mariage fait à François II et Marie Stuart. Au mur, portrait de Diane de Poitiers en Diane chasseresse par Le Primatice, peintre de l’École de Fontainebleau. Le tableau fut peint à Chenonceau en 1556 ; son cadre porte les armes de Diane de Poitiers, duchesse d’Etampes





De part et d’autre : Trois portraits d’hommes de Ravesteyn, un Autoportrait par Van Dyck et une Femme à la collerette de Miervelt. À côté, un grand portrait de Laure Victoire Mancini en Diane chasseresse. Nièce de Mazarin, épouse de Louis II, Duc de Vendôme, Duchesse de Mercœur, elle fut propriétaire de Chenonceau au XVIIème siècle. Entourant la fenêtre : Archimède par Zurbaran et Deux évêques (début XVIIème siècle). À droite de la cheminée, Les Trois Grâces par Van Loo représentent les demoiselles de Nesle : Mesdames de Châteauroux, de Vintimille, de Mailly, trois sœurs, favorites successives du Roi Louis XV

SALON LOUIS XIV

En souvenir de la visite qu’il fit à Chenonceau le 14 Juillet 1650, Louis XIV offrit bien plus tard, à son oncle le Duc de Vendôme, son portrait par Rigaud - avec un extraordinaire cadre par Lepautre, composé seulement de quatre énormes pièces de bois - ainsi que le mobilier recouvert de tapisseries d’Aubusson et une console du célèbre ébéniste Boulle. Sur la cheminée Renaissance, la Salamandre et l’Hermine évoquent le souvenir de François Ier et de la Reine Claude de France. Entourant le plafond à solives apparentes, la corniche porte les initiales des Bohier (T.B.K.) Sur le mur Est, L’Enfant Jésus et saint Jean-Baptiste par Rubens, acheté à Joseph Bonaparte, installé par son frère Napoléon 1er, sur le trône d’Espagne





Le salon offre une collection de peintures Françaises des XVIIème et XVIIIème siècles : - Van Loo : Portrait du Roi Louis XV - Nattier : La Princesse de Rohan - Netscher : Portrait de Chamillard, ministre de Louis XIV et Portrait d’homme. - Jean Ranc : Portrait de Philippe V, Roi d’Espagne et petit-fils de Louis XIV. Également, un grand Portrait de Samuel Bernard, banquier de Louis XIV par Mignard. Le richissime Samuel Bernard était aussi le père de Madame Dupin, dont le portrait par Nattier souligne la grâce et l’intelligence. Louise Dupin (1706 - 1799), aïeule pa