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LE PALAIS DE DIOCLETIEN patrimoine de l'humanité

Dernière mise à jour : 13 août

Départ tôt ce matin pour éviter la foule et la chaleur, pour le fabuleux Palais de Dioclétien classé au patrimoine de l'humanité en 1979, un des édifices les mieux conservés au monde de l’architecture romaine. Certains monuments comme la cathédrale ou la tour de l'Horloge se trouvent à l'intérieur même du palais.

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Voici notre parcours, mais en réalité il est bon également de se promener au gré des ruelles médiévales. Quelques pancartes permettent de trouver le spoints essentiels à visiter et même les restaurants recommandés

Nous nous sommes garés près du green Market , à quelques minutes à peine à pieds de la Silver Gate

Le palais impérial était construit dans une double optique : servir de luxueuse villa – demeure d’été - et en assurer la protection avec un camp militaire fortifié (#castrum), le tout dividsé en quatre parties par deux rues principales.

La partie sud donne accès à la mer via la #BrassGate. Décor

BRASS GATE

ée d’une galerie d’arcades, elle était prévue pour l’empereur, ses appartements et le cérémonial étatique et religieux, alors que la partie nord était destinée à la garde impériale – l’armée, les serviteurs, comme dépôts et diverses autres fonctions.

Les autres façades fortifiées moins ouvragées sont épaisses (2 m environ) et pourvues de seize tours dont quatre principales aux angles.

Jouxtant la baie, l'édifice qui date de la fin du IIIe siècle est de forme rectangulaire (environ 215 x 180 mètres) avec quatre grandes tours aux angles, 3 portes de chaque côté et quatre plus petites tours adossées aux murs.

La partie inférieure des murs d’enceinte était sans ouverture, alors que l’étage supérieur était ouvert par une galerie monumentale au sud et des couloirs avec de vastes baies sur les trois autres côtés.

Au cours des siècles, les habitants du Palais, et ensuite les citadins splitois ont adapté ces espaces pour leurs propres besoins, ainsi les édifices de l’intérieur et les murs extérieurs avec tours ont grandement modifié l’aspect d’origine, mais les contours du Palais impérial sont toujours bien visibles. Il comporte au total 220 bâtiments !



Le palais est coupé par deux grosses artères perpendiculaires. Le long #decumanus, d'ouest en est, divise véritablement le palais ; d'un côté, les luxueux quartiers sud, de l'autre, les quartiers nord. Le #cardo quant à lui remonte du sud au nord. De gigantesques portes ouvrent sur des cours intérieures, la plus imposante étant celle du sud, magnifiée par le superbe #péristyle et le #sphinx égyptien. Au croisement du decumanus et du cardo, cette cour impériale donne accès aux appartements de Dioclétien. A l'est du

péristyle, trône son mausolée.

Pour ériger sa résidence de retraite, il fit venir du marbre d’Italie, des pierres de l’île de Brac et l’orna de colonnes et de sphinx d’Egypte. Il est aujourd’hui extrêmement bien conservé et intéressera à quiconque est intéressé par l’histoire.

LA PORTE DE BRONZE

Au sud, la Porta Aenea (porte de Bronze Porta meridionalis ) ouvrant sur la #riva est la plus empruntée. C'était la porte d'accès par laquelle les navires accostaient dans le port pour ravitailler le palais impérial. Les marchandises diverses étaient entreposées dans des galeries souterraines dans la partie sud du palais, aujourd'hui utilisées pour différentes expositions.


D’après certaines suppositions sur l’aspect d’origine de la façade sud du Palais, la porte était baignée par la mer. De dimensions plus modestes et destinée à une autre fonction, elle portait aussi l’attribution de porte de sureté, car elle assurait une possible fuite au cas d’une attaque du Palais du côté de la terre ferme.


Après une restauration partielle, aujourd’hui encore des blocs authentiques de la porte apparaissent aux visiteurs étonnés de voir l’exceptionnelle imperméabilité d’un ouvrage de presque deux milles ans. Aujourd’hui elle est devenu « la principale « porte d’entrée du noyau historique car c’est par là que les touristes commencent le plus souvent la visite guidée avec les guides locaux et c’est par elle que l’on entre dans les salles souterraines et vers le centre du Palais.

LA PORTE D’ARGENT

La Porta Argentea (porte d'Argent - Porta orientalis), de plan rectangulaire, a perdu les deux énormes tours qui l'encadraient. Elle fait face aujourd'hui au grand marché aux puces de la ville qui jouxte le Green Market

C’est par cette porte et l’une des deux rues principales, le #decumanus, que l’on entrait dans le Palais en direction est-ouest, jusqu’à la porte de Fer, aujourd’hui donnant sur la place centrale de la ville, la Piazza.


La Porte d’Argent était plus simplement décorée que la Porte d’Or, et depuis le Moyen-Age et jusqu’en 1952 elle était fermée. Ce n’est qu’après la démolition de l’église baroque des Innocents qu’elle fut entièrement reconstruite. De chaque côté de l’entrée on peut voir les restes des tours octogonales qui flanquaient la porte, et l’on peut aujourd’hui imaginer la beauté de la construction et la visibilité de l’espace destiné au contrôle défensif au-dessus des entrées au nord, à l’est et à l’ouest. En entrant par cette porte, les passants encore aujourd’hui peuvent marcher sur le dallage antique d’origine du decumanus, qu’empruntaient autrefois les sujets de #Dioclétien.

La Porte d’argent a couronné son riche passé à notre époque par le plus important événement pour tous les Catholiques de Split, quand en l’an 2000 la traversa le Pape Jean-Paul II, admirant la beauté de la cathédrale de St-Domnius où il alla ensuite prier.

LA CATHEDRALE DE #DOMNIUS




Parmi les cathédrales européennes celle de Split a, comme siège, l’édifice le plus ancien : le Mausolée de l’empereur romain Dioclétiense à l’est du péristyle dont l’arcade à l'est forme la façade du mausolée. Le mausolée présente à l’extérieur une forme octogonale de 7,60 m de côté ; il est entouré d’un portique de 24 colonnes portant des chapiteaux corinthiens, et il est couvert par une toiture de tuiles.

C'est dans cet édifice, qu'à la fin du second millénaire, l’histoire réconcilie le paganisme polythéiste antique, et le patrimoine chrétien médiéval et contemporain. Le Mausolée de l’empereur- persécuteur des chrétiens devient au milieu du septième siècle une cathédrale où, dans des emplacements honorifiques, sont érigés des autels contenant les reliques de saint #Domnius et saint #Anastase, martyrs exécutés dans l’amphithéâtre de la voisine ville de #Salone.

L’octogone extérieur du Mausolée était entouré d’un périptère à 24 colonnes. A l’intérieur, il est de forme circulaire avec quatre niches semi-circulaire et quatre autres rectangulaire. Au milieu se trouvait le sarcophage de Dioclétien, plus tard détruit. Au-dessus des niches se dressent huit colonnes corinthiennes en granit noir, et au-dessus d’elles encore huit colonnes plus petites. Sur la frise cours tout autour un relief figurant des Eros chassant, des masques et des têtes d’hommes.

Particulièrement sont intéressant deux médaillons avec couronnes qui, d’après les archéologues et la tradition splitoise, devraient représenter l’empereur Dioclétien et son épouse Priska. Intéressante est également la structure de la coupole construite par une repartion en éventail de briques dans la partie inférieure et de façon circulaire dans le dernier tiers. La coupole recouverte d’une mosaïque devait ainsi briller comme celle du Vestibule.

L’œuvre la plus renommée et significative de la cathédrale sont les vantaux qui, en 1214 , furent ciselées dans du noyer par Andrija #Buvina, sculpteur de Split, où, des deux côtés, chacun composé de 14 panneaux, sont représentées des scènes des Evangiles, depuis l’Annonciation jusqu’à la Résurrection du Christ.

A gauche de l’entrée se trouve une #chaire hexagonale du XIIIe s.,(photo ci dessus) en précieux porphyre vert, autrefois d’orée dans son ensemble. L’autel latéral à droite est consacré à l’évêque salonitain et martyr saint #Domnius. Le ciborium de l’autel est l’œuvre de #Bonino de Milan bâti en 1427 dans un style du #gothique tardif, alors que l’on doit les fresques des quatre évangélistes au maître splitois du gothique tardif Dujam #Vušković, exécutées en 1429. L’autel latéral de gauche du second patron de Split, le martyr salonitain et tanneur saint Anastase d’#Aquilée, fut exécuté en 1448 par le plus célèbre architecte et sculpteur croate Georges le #Dalmate. Particulièrement remarquable, le relief central du sarcophage figurant la #FlagellationduChrist, où le maître représente le Christ en mouvement, subissant douloureusement son martyre.

Le maître autel est une œuvre exécutée entre 1685 et 1689. Dans la niche nord se trouve l’autel, œuvre du maître vénitien Morlaiter de 1767 dans lequel depuis 1770 reposent les reliques de saint Domnius précédemment dans l’autel de Bonino.

Le clocher de la cathédrale (57 m) est l’édifice médiéval dalmate le plus authentique dont la construction débuta au XIIIe s. Entre le XIXe s. et le XXe s. il fut en grande partie rénové et partiellement modifié. Par des escaliers on peut y monter jusqu’au sommet (attention la majeure partie des marches est ajourée) d’où une vue imprenable permet d’admirer tout la ville de Split.




LE VESTIBULE


De l’extérieur de plan carré, de l’intérieur circulaire le Vestibule, avant-cour impériale nous apparait monumentale encore aujourd'hui. Comment devait-elle fasciner dans son aspect complet d’origine avec des niches semi-circulaires abritant des statues, une grande coupole à mosaïques scintillant d’une brillance colorée, telle que l’évoque Marko #Marulić dans son manuscrit du XVIe s.,

Depuis le Péristyle c’est par le Vestibule qu’on entrait dans la partie résidentielle du Palais. Mais, imaginez qu'il y a à peine un peu plus d’un demi siècle on y habitait, les Splitois y entretenaient des petits jardins potagers et mêmes de la volaille?!


En passant le long de la galerie impériale, on arrive aux salles occidentales où dominait la bibliothèque, alors que tout près de l’appartement de l’empereur, dans la partie sud-ouest, se trouvaient les thermes de Dioclétien, aujourd’hui à l’intérieur de l’hôtel Slavija.


PERISTYLE


Place principale et centrale du palais, située dans la partie réservée au culte et aux temples, cette cour rectangulaire permettait l'accès aux appartements impériaux par quelques marches et un vestibule, en ce point où le #cargomaximus (principal axe nord-sud) et le #decumanus (son pendant est-ouest) se rencontrent et où, aujourd'hui encore, le peuple se réunit. Il était destiné à l’empereur Dioclétien, vénéré comme le fils vivant de Jupiter. L’empereur apparaissait sous l’arc de l’architrave au centre du #Potiron, alors que ses sujets prosternés, baisaient la basque de sa cape pourpre.

Orientée vers la loggia impériale, le péristyle est encadré de chaque côté par des arcades à colonnes surmontées de chapiteaux #corinthiens qui supportent une haute corniche. La couleur rouge de certaines colonnes en granit apportait un côté cérémonial et protocolaire supplémentaire. Depuis Dioclétien, le pourpre devint la couleur impériale. L'empereur y faisait ses apparitions au peuple du haut de la tribune (côté sud).


Dans l'entrecolonnement (côté est), un sphinx égyptien surveille le mausolée (cathédrale). Il date du second millénaire avant notre ère, du règne du pharaon Thoutmôsis III (1504-1450 av. J-C.). Lors de sa venue à Split en 1998, le pape Jean-Paul II émerveillé s'exclama : " Mon Dieu, combien de pieds ont marché ici ". Les Splitois eux considèrent le Péristyle comme le centre de leur ville, voire du monde entier !

Avec la construction de la nouvelle place de la ville (la Piazza) au XIIIe/XIVe s., le Péristyle devient le centre religieux de la cité. Aujourd’hui, son côté occidental est bouché par les demeures patriciennes des familles Grisogono, Cipci et Skočibučić, édifices s’appuyant aux colonnes et aux arcs d’origine. Par leurs styles de construction gothique et Renaissance, ces bâtiments sont devenus eux-mêmes des monuments.

Grâce à sa beauté et une acoustique exceptionnelle, le Péristyle est devenu une scène de théâtre idéale, comme si cet espace avait été conçu pour des opéras et des pièces de la littérature antique, mais aussi comme scène où se déroule une très riche vie urbaine. Consommer une boisson, un café sur les marches entourant le Péristyle est une expérience unique, un des plus proches contacts de l’homme moderne avec son patrimoine antique

LA PORTE D’OR

Au nord, la Porta Aurea (porte d'Or ou Porta septemtrionalis en latin) était autrefois

d'importance stratégique pour la défense de Split contre les ennemis venus des terres. Elle a été murée au Moyen Age.

Richement décorée, elle s'imposait avec les statues des empereurs romains, Dioclétien en tête. Une statue plus récente, celle de l'évêque #GrégoiredeNin, a été sculptée par Ivan Meštrović au XIXe siècle.

Au niveau du chemin de ronde, se niche une petite église Saint-Martin, qui remonte au VIe siècle.

Par cette porte l’empereur Dioclétien pénétra le 1er juin de l’an 305 dans son Palais. Elle est construite en forme de rectangle, à double porte, et cour intérieure, élément de l’architecture militaire défensive (le propugnaculum). La façade est décorée de niches dans lesquelles se dressaient les sculptures des quatre #Tétrarques (#Dioclétien, #Maximien, #Galère et #ConstanceChlore).

Par cette porte - d’où, en venant du Péristyle par la rue du Cardo, le chemin conduisait directement vers la #Salone antique, principale ville de la province romaine de Dalmatie - ne pouvait passer que l’empereur et les membres de sa famille.

Sous l’influence de Venise, la porte au XVIe s. change de nom devenant la Porta Aurea ou Porte d’Or, appellation qu’elle porte toujours.

TEMPLE DE JUPITER.

Sur les brochures de l'office de tourisme de #Split figure souvent la phrase : " Le célèbre architecte écossais Robert Adam considérait ce temple comme l'un des plus beaux monuments européens. "

Situé à l'ouest du péristyle et surveillé comme le mausolée par un sphinx égyptien, ce temple jupitérien de plan rectangulaire a été transformé en #baptistère consacré à #SaintJeanBaptiste vers le VIIe siècle. La transformation du temple en baptistère apparait durant l’Antiquité tardive quand, sous le bâtiment, on creuse une #crypte dédiée à saint Thomas.

Dans le baptistère aujourd’hui domine la sculpture sécessionniste représentant saint Jean-Baptiste, d’où le nom du temple après transformation, œuvre d’Ivan Meštrović.

C'est le plus grand des trois temples construits à l'ouest du péristyle, bien représentatif du polythéisme romain de l'époque. Sous sa base, une crypte avec voûte en calcaire qui soutient la cella du temple.

Des fonts baptismaux, formés de plaques de #chancel d'autel (XIe siècle), y sont installés vers le XIIe siècle. Sur le premier panneau, un roi croate (Petar Krešimir IV ou Zvonimir) tient une pomme dans la main, avec un serviteur à ses pieds. (ci contre), la plus ancienne représentation d’un roi européen dans la sculpture médiévale en pierre.


LA PORTE DE FER

Vers le Xe siècle, lorsque la ville se développe en dehors du périmètre restreint du palais, les portes ont pris toute leur importance. L'extension se fit d'abord par l'ouest. La Porta Ferrea (porte de Fer -Porta occidentalis), la principale de la ville, faisait le lien entre le palais et les premières habitations extérieures. C’est la seule des quatre portes par laquelle la vie urbaine s’est poursuivie sans interruption durant les dix-sept siècles de l’histoire de Split.

Sur le fronton, autrefois régnait le relief de la déesse romaine de la victoire, Nike, mais dès le Ve s. à son emplacement les Chrétiens y gravèrent la croix comme leur symbole. Au XIe s. au-dessus de la porte on y nicha la chapelle de la Vierge du Clocher, originairement dédiée à saint Théodore, avec un remarquable clocher préroman.

Au Moyen-Age l’espace intérieur de la porte servit de tribunal, et il n’y a qu’à peine une cinquantaine d’années, c’était le royaume des petits commerces. Toute cette dynamique historique est toujours visible avec la construction des maisons s’adossant aux murs de la porte, avec son clocher et une partie du chemin de ronde de la garde romaine d’où on a une vue exceptionnelle sur le decumanus et la Place du Peuple (la Piazza), avec une de ses particularités, son horloge au cadran de 24 heures (et 24 chiffres romains). Flanquant l’entrée on peut admirer une des plus belles demeures patriciennes de la famille Cipriani Benedetti ornée de deux rangés de fenêtres à ouvertures sexpartites, uniques en leurs genres.

COMPLEXE SOUTERRAIN (#PODRUM)


Les salle